A l’occasion de son 75ème anniversaire, nous célébrons la Déclaration Schuman du 9 mai 1950, acte fondateur de la construction de l’Union Européenne. Ce projet visait l’instauration d’un espace de paix, de stabilité et de coopération entre les Etats membres. Il a pu voir le jour grâce à l’engagement des pionniers qui ont permis d’en poser les bases dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cette Union, débutant par la création de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) en 1952, a connu de nombreuses évolutions, ponctuées par des traités fondateurs et de nombreux changements sur les plans économique, social et politique.

@ Centre européen Robert Schuman (CERS)- « La déclaration du 9 mai 1950 »
Et depuis, quelles avancées de l’UE …
L’UE coopère avec les Etats membres sur une vingtaine de domaines politiques, économiques et sociaux, au moyen de compétences d’appui et de compétences partagées. Elle détient cependant l’exclusivité des compétences par exemple en matière d’union douanière, de règles de concurrence pour le marché unique ou encore sur la politique monétaire pour les pays de la zone euro.
L’éventail de ses champs d’intervention étant très large, nous étudions dans cet article les avancées marquantes de l’UE au travers d’une liste non exhaustive de sujets d’actualité.
Que fait l’UE en matière d’égalité homme-femme ? :
L’UE a intégré la thématique dans sa législation :
– Article 2 (Traité sur l’Union Européenne) : “[Les valeurs de l’UE] sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes.”
– Article 3 (3) TUE : “Elle […] promeut la justice et la protection sociale, l’égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les générations et la protection des droits de l’enfant.”
– Article 8 TFUE (Traité sur le fonctionnement de l’UE) : “Pour toutes ses actions, l’Union cherche à éliminer les inégalités, et à promouvoir l’égalité, entre les hommes et les femmes.”
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Elle a également confirmé sa position de défense de l’égalité homme-femme au travers de la jurisprudence de sa Cour de justice.
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De manière plus concrète, la Commission européenne a lancé une stratégie pour l’égalité hommes-femmes sur la période 2020-2025 visant l’élimination de la violence et des stéréotypes sexistes, la promotion de l’égalité des chances sur le marché du travail et l’assurance d’un meilleur équilibre dans la prise de décision.
Pour pérenniser son action, la Commission a établi une feuille de route en mars 2025, basée sur les résultats de la stratégie en fixant des objectifs clés (liste non exhaustive) : égalité des rémunérations et autonomisation économique des femmes – une éducation inclusive encourageant les femmes dans les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques et les hommes dans les soins et l’éducation – un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Pour assurer la concrétisation de ces lignes directrices, la Commission appelle au soutien de ses engagements au sein des États membres, notamment en prévoyant des actions pour faire avancer le droit des femmes en Europe.
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D’ailleurs, le Parlement européen célèbre tous les 8 mars la Journée internationale des droits des femmes en organisant des événements de sensibilisation.
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Quelles sont les réactions de l’UE face au changement climatique ? :
Le changement climatique est un sujet de première importance dans notre société moderne post-industrielle. Bien que ses conséquences soient précisément identifiées dans certaines régions du monde, la réponse à ce phénomène nécessite un travail de coopération à l’échelle transnationale. L’UE s’est donc fixée un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030, par rapport à 1990 et celui d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 (Pacte Vert européen et programme “Fit for 55”).
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Quel est le nouveau sujet de santé publique pour l’UE ? :
Particulièrement depuis l’avènement de la pandémie de COVID-19, les questions entourant la santé mentale se sont imposées dans les milieux professionnel et familial, ouvrant la voie pour un chantier d’étude à l’échelle économique, politique et sociale de cet état de fait. Face à cela, le Parlement européen demande une “stratégie européenne intégrée” en matière de santé mentale, en insistant sur la nécessité d’un accès renforcé aux soins pour les publics vulnérables et de réaliser des actions de sensibilisation à grande échelle.
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Et quel avenir pour l’Europe ?
La Conférence sur l’avenir de l’Europe s’est tenue du 9 mai 2021 au 9 mai 2022 et a permis aux citoyens des 27 États membres d’être un membre actif de la démocratie participative sur la définition des priorités pour l’UE. Ce travail a débouché sur 49 propositions réparties en 9 thématiques et 300 mesures dans des domaines clés. Bien qu’elle n’ait pas d’armée européenne, l’UE progresse dans la construction de sa défense et est engagée dans des missions de gestion de crise. D’ailleurs, la Boussole stratégique de 2022 définit une vision commune des menaces et priorités pour renforcer la sécurité européenne d’ici 2030.
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Quelques exemples de propositions retenues : Transparence de l’UE et de ses relations avec les citoyens – Médias, fausses nouvelles, désinformation, vérification des faits, cybersécurité – Croissance durable et innovation – Migration légale
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Il y a-t-il des réalisations concrètes pour faire connaître localement l’action de l’UE ?
Dans un contexte de crise de la citoyenneté, du vivre-ensemble et du bien commun, il est important de rappeler que l’UE garantit des droits aux citoyens, offre des possibilités de mobilité, de formation, et octroie des ressources financières et techniques pour la réalisation de projets.
En 2023, l’association CRISTEEL a réalisé un diagnostic de territoire dans le but d’identifier les acteurs du territoire engagés sur les questions européennes ou porteurs de projets européens. Cet état des lieux des acteurs a permis de recenser plus de 60 structures (partenaires associatifs et institutionnels, collectivités) à la fois lorrains et étrangers (Allemagne, Luxembourg, Belgique). Les conclusions majeures de ce diagnostic ont révélé un défaut d’interconnaissance entre les structures.
L’idée est donc de construire une dynamique de réseau pour optimiser la coordination entre les acteurs, ainsi que pour favoriser l’émergence et le développement de projets européens en Lorraine. Ce réseau, intitulé “Fabrique de l’Europe”, prendrait d’abord la forme d’une plateforme numérique qui permettrait la recherche et le regroupement des informations ainsi que des acteurs sur le sujet de l’UE. Il est aussi envisagé que cette plateforme évolue en une structure d’accueil physique.






